Willem Meyers nous a quittés...

Avec le départ de Wim Meyers ce 15 janvier 2026, c'est encore un peu de la mémoire du "vieux Centre" qui s'en va. Il avait en effet été parmi les premiers à faire partie de l'institution, au début des années '70, alors que celle-ci portait l'acronyme un peu rugueux de "C.R.E.H.S.G.M."...qui désignait tout simplement le Centre de Recherches et d'Etudes Historiques de la Seconde Guerre mondiale...
Wim est né le 30 mars 1943, et rappelait volontiers qu'un de ses premiers souvenirs d'enfance, c'était d'avoir été sur les genoux de Cyriel Verschaeve, à la fois prêtre, poète, flamingant et nazi ....Après des études d’Histoire à l'Université de Gand, il débute sa carrière au Standaard, où il a l'occasion de rencontrer un certain Frans Selleslagh (ancien collègue du CegeSoma, décédé en octobre 2008). Les deux personnalités nouent une belle amitié, et tous deux se retrouvent par les hasards de la vie...ou à la suite d'une inclination commune dans les murs de notre institution. Wim en devient le bibliothécaire et assume avec zèle et éclectisme ses fonctions jusqu'au début des années '90.
© CegeSoma/Archives de l'Etat
Le Centre lui doit quelques publications de qualité. On peut épingler, entre autres, un ouvrage précurseur sur les impacts de l'Occupation allemande sur la société belge "De vijand te lijf" paru en1974, co-rédigé avec Frans Selleslagh ainsi que deux articles très importants, d'abord sur les collèges des bourgmestres et échevins de 1940 à 1944 "Burgemeesters, schepenen en gemeentelijke administraties", dans Etienne Verhoeyen, België in de Tweede Wereldoorlog, Deel 9, Kapellen, 1990, pp.84-99 puis sur "De Vlaamse Landsleiding. Een Emigrantenregering in Duitsland na september 1944" dans Bijdragen tot de Geschiedenis van de Tweede Wereldoorlog, n°4 de 1972, pp.29-86.
À l’heure où les catalogues de bibliothèques se trouvaient sur de petites fiches, il s’attela durant de très nombreuses années à la réalisation de bibliographies relatives à la Belgique durant la Seconde Guerre mondiale. Des générations d’étudiants et de chercheurs se souviennent du premier volume portant sur la période 1970-1980, imprimé sur du papier jaune. On y trouvait non seulement des publications standard mais aussi des coupures de presse et quantités de publications locales. Un outil incontournable à l’époque.
À l’instar de toute l’équipe pionnière, il est à l'origine de nombreuses interviews. De 1972 à 1988, il en réalise toute une série sur la collaboration flamande avec une attention particulière au VNV.
Issu d’une famille nationaliste flamande, il était également sensible à la place et à l’histoire des Flamands à Bruxelles. C’est à ce titre qu’il est l’un des fondateurs de l’Archief en Museum voor het Vlaams Leven te Brussel dont il est resté longtemps l’un des administrateurs.
Toujours à la disposition du public, malgré une grande timidité, et volontiers à l'écoute des jeunes chercheurs pour les aider et les orienter utilement, il était une mine de connaissances. Il quitte anticipativement le CegeSoma, au début des années 2000, pour se consacrer pleinement à une famille qu'il chérissait. Ceux qui l'ont connu se souviendront aussi de son sens de l’humour.
Alain Colignon