Ukraine : le choc des nationalismes à l'heure des deux guerres mondiales

Tant au cours du premier que du second conflit mondial, l'espace ukrainien a été l'enjeu d'une lutte féroce conduite par deux nationalismes majeurs, travestis sous une forme impériale : celui porté par le Reich allemand –en deux versions différentes- et celui incarné par l’Etat russo-soviétique. La possession de ces terres agricoles riches pourvues de surcroît de sous-sols aux matières premières abondantes (charbon, gaz , bauxite,…) et situées dans un endroit géopolitiquement déterminant devait assurer à la puissance s’assurant le contrôle de ces régions la domination, directe ou indirecte, d’une bonne part du bassin de la Mer noire tout en lui offrant un pont commode vers les champs pétrolifères du Kouban et du Caucase.
Mais bien loin de ces ambitions antagonistes, dans les tâtonnements et souvent la douleur, les populations ukrainiennes sont parvenues à se constituer en corps de nation, se dotant d’un cadre étatique… et réussissant à le maintenir à travers les aléas de l’histoire, de 1914 à 1945.
Pour découvrir cette tranche d'histoire et pour essayer de mieux saisir les enjeux du temps présent, une conférence-débat avec en invité Alain Colignon (CegeSoma/Archives de l'Etat) s'est tenue  le  8 juin 2022 dans les locaux du CegeSoma à l'initiative de l'asbl 'les Amis du CegeSoma' . L'entretien était mené par Chantal Kesteloot. 

Alain Colignon est historien de l'Université de Liège. Depuis de nombreuses années, il dirige la bibliothèque du CegeSoma/Archives de l'État.
Auteur de différents travaux sur l'histoire de l'Occupation et de la vie intime des populations en temps de guerre tout en s’étant spécialisé dans les études sur la Collaboration et la Résistance, il prépare actuellement un ouvrage sur la société wallonne entre 1930 et 1940.

 

 

 
Chantal Kesteloot est en charge de l'histoire publique au CegeSoma/Archives de l’État. Elle s'intéresse particulièrement au phénomène des commémorations et à la place du passé dans l'espace public dans ses dimensions odonymiques.
Elle coordonne le site internet Belgium WWII. Elle est l'auteure de diverses publications, dont Walloon Federalism or Belgian Nationalism? The Walloon Movement at the End of the First World War.