Ctrl-Alt-History: (Digital) Humanities meets AI
Appel à contributions

Au cours des dernières années, l’intelligence artificielle (IA) est devenue un point de référence central, voire un mot-clé incontournable, dans les humanités (numériques). Dans presque toutes les propositions de recherche soumises aux universités et aux services d’archives, les possibilités et les capacités de l’IA sont (sur)valorisées, alors même que ces institutions peinent à en maîtriser les limites et les écueils, notamment en ce qui concerne les conséquences environnementales de son usage généralisé. L’IA influence la manière dont la recherche est conçue, menée, valorisée et financée. La prolifération rapide d’outils numériques — de l’analyse de textes et de la reconnaissance d’images aux applications génératives — transforme en profondeur la façon dont les historiennes et historiens, les archivistes et les enseignant·s abordent le passé et le traduisent pour le présent.
Pourtant, aucun débat d’envergure n’a encore eu lieu à l’échelle nationale afin de comprendre comment ces évolutions affectent nos disciplines, nos professions et la société dans son ensemble. L’édition 2026 de la Journée de l’Histoire Contemporaine , organisée par l’Association belge d’Histoire contemporaine (BVNG-ABHC) et l’Université d’Anvers, entend se concentrer sur l’usage de l’IA dans la recherche historique (belge), la gestion du patrimoine et l’enseignement. Elle vise à offrir un forum permettant d’explorer les opportunités, les risques et les défis liés à l’IA dans le paysage historique belge, en invitant des contributions qui abordent ces développements de manière critique, empirique et/ou pédagogique.
Appel à communications
Nous faisons appel à des propositions portant notamment sur les thématiques suivantes (sans s’y limiter) :
1. Études de cas historiques et comparaisons
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Recherches mobilisant des outils numériques ou des techniques d’IA appliquées à des sources historiques belges ou comparatives.
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Analyses comparatives entre des interprétations « classiques » et des interprétations assistées par l’IA, et réflexion sur l’impact de ces modèles sur les processus de recherche.
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Études de cas montrant comment les outils numériques contribuent à la (re)découverte d’acteurs, de réseaux ou de perspectives oubliés.
2. Archives, patrimoine et numérisation
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Applications des outils numériques dans les secteurs des archives, des bibliothèques et des musées : description automatique, reconnaissance d’images, transcription ou mise en relation sémantique des collections.
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Réflexions sur les collaborations entre institutions patrimoniales, universités et équipes technologiques, par exemple dans les domaines de l’histoire publique, de la valorisation du patrimoine et des initiatives de crowdsourcing.
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Défis éthiques et pratiques liés au droit d’auteur, à la protection de la vie privée ou aux biais algorithmiques dans les données patrimoniales.
3. Enseignement et pédagogies de l’histoire publique
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Intégration des outils numériques dans l’enseignement supérieur : opportunités et risques pour la culture historique.
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Usage des outils numériques en histoire publique et dans les actions de médiation : expositions numériques, reconstitutions interactives ou récits générés par l’IA.
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Approches pédagogiques critiques visant à distinguer la source, l’interprétation et l’algorithme.
4. Publics, fiabilité et impact sociétal
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Écueils méthodologiques, éthiques/environnementaux et épistémologiques liés à l’utilisation de l’IA en recherche historique (par exemple son impact sur la théorie, la méthodologie et l’historiographie).
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Enjeux de transparence, de reproductibilité et de vérification dans l’interprétation automatisée, ainsi que la redistribution de l’autorité du savoir : qui « lit » le passé et qui programme les modèles ?
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Évaluation critique des biais et des distorsions liés à l’usage d’outils numériques, notamment en matière de sélection des données, de décisions algorithmiques ou d’inégalités historiques.
- Historical case studies and comparisons
- Research that applies digital or even AI techniques to Belgian or comparative historical sources
- Comparative analyses between “classical” and “AI-supported” interpretations and how these models affect research workflows
- Case studies in which digital tools contribute to the (re)discovery of forgotten actors, networks, or perspectives.
- Archives, heritage, and digitalisation
- Application of digital tools in the archive, library, and museum sector: automatic description, image recognition, transcription, or semantic linking of collections.
- Reflections on the collaboration between heritage institutions, universities, and technology teams, e.g. in public history, heritage presentation, and crowdsourcing initiatives.
- Ethical and practical challenges surrounding copyright, privacy, or algorithmic bias in heritage data.
- Education and public history pedagogies
- Integration of digital tools in higher education: opportunities and risks for historical literacy.
- Digital tools in public history and outreach: digital exhibitions, interactive reconstructions, or AI-generated narratives.
- Critical pedagogical approaches to distinguish between source, interpretation, and algorithm
- Audience, reliability, and societal impact
Appel à ateliers
Afin de dresser un état des lieux du champ et de stimuler l’échange de bonnes pratiques, une plage horaire sera réservée à trois ateliers consacrés à l’usage des outils numériques dans la recherche (historique). Nous invitons des propositions d’ateliers portant sur l’application concrète de méthodes numériques — telles que l’analyse de textes, la reconnaissance d’images, l’apprentissage des langues ou les techniques de machine learning — à la recherche et à l’enseignement de l’histoire et des archives belges.
Nous recherchons en particulier des sessions abordant (entre autres) :
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Comment les outils d’IA peuvent-ils contribuer à l’analyse de textes, à la reconnaissance d’entités, au named entity linking, à la détection de motifs (par exemple dans la presse, les archives ou les réseaux sociaux) ou à l’accès aux données ?
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Dans quelle mesure ces flux de travail fondés sur l’IA peuvent-ils être articulés aux standards existants des humanités numériques (par exemple TEI, IIIF, Linked Open Data) ?
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Comment les historiennes et historiens, les archivistes et les enseignant·es peuvent-ils mobiliser les outils numériques pour produire des récits historiques, des projets de financement et des productions publiques ou pédagogiques plus clairs et plus pertinents ?
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Comment intégrer et évaluer de manière responsable les outils génératifs dans la formation à la recherche et les pratiques pédagogiques ?
Nous encourageons tout particulièrement les ateliers pratiques ou les démonstrations explorant l’application concrète de l’IA et des méthodes numériques à la recherche et à l’enseignement historiques et archivistiques (belges). Ces sessions peuvent inclure des démonstrations d’outils, des présentations de jeux de données ou des exercices collaboratifs.
Informations pratiques
Date : mercredi 29 avril 2026
Lieu : Université d’Anvers, Stadscampus, Hof van Liere
Date limite de soumission des propositions : 1er février 2026 (notification d’acceptation : fin février 2026)
Please send your proposals to info@contemporanea.be.
Les propositions peuvent prendre la forme de panels classiques (3 à 4 communications de 15 minutes) ou d’ateliers et d’autres formats innovants (démonstrations, sessions interactives d’une durée maximale d’une heure). Il est possible de soumettre une proposition de panel ou une contribution individuelle (communication ou atelier). Les propositions, d’une longueur de 300 à 500 mots, doivent clairement préciser l’objectif de la recherche, la méthodologie, la contribution attendue et les questions centrales. Les propositions en néerlandais, en français ou en anglais sont acceptées. Les jeunes chercheuses et chercheurs ainsi que les doctorantes et doctorants sont tout particulièrement encouragés à soumettre une proposition.
Cette édition de la Journée de l’Histoire contemporaine aspire à réunir chercheuses et chercheurs, professionnels du patrimoine et enseignants afin de réfléchir à la place des outils numériques et de l’IA dans la pratique contemporaine de l’histoire. En articulant des exemples concrets à des réflexions méthodologiques et éthiques, cette journée d’étude entend favoriser une meilleure compréhension de la manière dont la technologie façonne notre rapport au passé, dans les archives, les salles de classe et les centres de recherche. Nous espérons que les participantes et participants s’inspireront mutuellement, partageront les enseignements méthodologiques tirés de leurs expériences et réfléchiront collectivement, de manière critique, à l’avenir de l’histoire dans un contexte dans lequel les outils numériques deviennent de plus en plus incontournables.