Home » News » La Résistance en Belgique : un débat

La Résistance en Belgique : un débat

Anvers. Arrestation de collaborateurs dans la Pelikaanstraat le 4/9/1944. Photo n° 28.403, droits réservés CegeSoma/Archives de l’Etat.

À l'occasion de la Journée du patrimoine, le 24 avril 2021, le Vredescentrum de la ville d'Anvers a invité Nico Wouters à donner une conférence sur la résistance locale pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette conférence peut être visionnée dans son intégralité sous ce lien.

Cette conférence ouvre un intéressant débat sur les différences entre la résistance en Belgique francophone et en Flandre ; l’occasion pour le CegeSoma de réaliser une vidéo dans laquelle Fabrice Maerten (auteur de "Papy était-il un  héros?"), spécialiste de la résistance, réagit au point de vue de Nico Wouters sur le sujet.

Envie d'en savoir plus, retrouvez ci-dessous le débat entre les deux experts.

Dans cette conférence du 24 avril dernier, Nico Wouters se concentre principalement sur le développement d'un certain nombre de grandes organisations de résistance armée : la Légion belge (qui deviendra plus tard l'Armée secrète), le Front de l'indépendance et la Witte Brigade/Fidelio. Il évoque également brièvement des organisations telles que le service de renseignement Zéro, l'organisation Socrate (aide aux clandestins), le groupe G, la résistance syndicale dans les entreprises anversoises dans et autour du port et le "carrefour" des organisations de résistance situé à l’université coloniale d'Anvers.

Dans sa conférence, Nico Wouters pose également quelques constats généraux sur la résistance en Flandre, significativement plus faible qu'en Belgique francophone. Sans nier cette grande différence, il souhaite néanmoins la nuancer. Il plaide en faveur d'une recherche à partir de la base, au niveau régional ou urbain. Ce type de recherche met en évidence le rôle des individus et situe la résistance organisée dans un contexte social concret. Cela peut sans doute aider à nuancer la faiblesse de la résistance en Flandre. Le « Grand Anvers », par exemple, est une ville extrêmement dangereuse pour la résistance. L'élite politique et économique de la Métropole s'est engagée, dès 1940, dans une politique de collaboration avec l’occupant allemand. La résistance s’est développée dans des secteurs et des services où des collaborateurs et des agents allemands sont également présents. La résistance anversoise – plus encore peut-être que dans d’autres grandes villes - a dû faire preuve de réserve et d'une prudence particulières. La situation à Anvers peut contribuer à expliquer pourquoi la résistance armée en Flandre ne souhaite pas toujours recourir à un recrutement en masse, ou se montre plus réticente à recourir à une violence manifeste telle celle déployée lors d’attentats.