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Journée de l’Histoire Contemporaine 2024. Aux marges de l’histoire : recherches actuelles, débats, défis

APPEL À CONTRIBUTIONS (date limite : 8 janvier 2024)

Journée de l’Histoire Contemporaine 2023, Eupen.

En 2014, les historiennes Amandine Lauro et Magaly Rodríguez García ont organisé à l’ULB une journée d’étude sur l’historiographie des groupes subalternes et des personnes en marge de la société. Elles y ont déploré la réticence des historiens belges à s’engager dans ces concepts et leur absence relative dans le champ des subaltern studies qui se développe depuis les années 1980. Dans le prolongement de cette rencontre, les deux intervenantes ont animé une session lors de la Journée de l’Histoire Contemporaine de 2016, axée sur « les historiens belges et l’internationalisation ». Dix ans après le colloque à l’ULB, la recherche sur les groupes sociaux sous-représentés dans l’historiographie belge a clairement gagné en importance et constitue donc un thème intéressant pour la prochaine Journée de l’Histoire Contemporaine.


La définition des concepts de « marginalité » et de « subalternité », qui se recoupent largement, est au centre du débat. Les groupes marginaux ou subalternes sont formés de personnes ayant un accès limité à certains droits, espaces, ressources et opportunités en raison de leur origine sociale, de leur appartenance ethnique, de leur âge, de leur sexe, de leur emploi, etc. Alors que la « marginalité » renvoie plutôt à un concept spatial (les personnes vivant en marge sont physiquement ou culturellement éloignées du centre), la « subalternité » est plutôt liée à un concept hiérarchique d’inspiration gramscienne (subordonné aux élites). La position de ces groupes marginaux ou subalternes peut résulter à la fois du non-respect des règles imposées par la culture dominante et de la caractérisation – par cette culture dominante – des groupes comme étant subordonnés, sans importance ou improductifs. Dans une perspective à long terme, il est déjà évident que les frontières séparant les groupes marginaux ou subalternes du centre sont dynamiques et évoluent dans le temps et l’espace. Avec leurs recherches, les historiens eux-mêmes contribuent également à réarranger, perpétuer ou renforcer ces qualifications.
C’est grâce à la focalisation sur les groupes marginaux et subalternes que d’autres façons de voir la société ont émergé, en prêtant attention à l’histoire et à la perspective des groupes sous-représentés tels que les colonisés, les femmes, le mouvement LGBTQIA+, les (ex)-prisonniers, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les minorités ethno-culturelles, etc.
Ces nouvelles perspectives invitent à un nouveau rassemblement. L’Association Belge d’Histoire Contemporaine a pour objectif de regrouper les résultats de la recherche sur l’histoire belge (au sens large). Sur la base de cette mission, lors de la prochaine édition de la Journée de l’Histoire Contemporaine, nous voulons nous concentrer, en collaboration avec le musée BELvue, sur les recherches actuelles, les débats et les défis entourant l’histoire des groupes « marginaux » et « subalternes ».

Les contributions peuvent s’inscrire dans deux thèmes centraux repris ci-après :

A. Recherche historique récente et en cours
Quelles sont les tendances contemporaines de la recherche historique belge sur les groupes subalternes et les personnes en marge de la société ? Les chercheurs expérimentés et les nouveaux chercheurs sont invités à partager leurs questions, leurs méthodes de travail et leurs conclusions. Tant les recherches en cours que les projets achevés ou en gestation seront pris en compte.

B. L’histoire subalterne dans l’éducation, sur la place publique et dans les centres d’archives
Comment les enseignants abordent-ils l’histoire des subalternes dans l’enseignement secondaire et supérieur ? Comment les historiens peuvent-ils attirer l’attention du public sur les groupes sous-exposés ? De nouveaux cours optionnels à l’UCLouvain sous le titre « Décentrer l’histoire. Subalternités et critiques postcoloniales », et les masters interuniversitaires en genre et diversité illustrent une nouvelle orientation dans les universités. En Flandre, les Olympiades d’histoire encouragent les élèves à mener des recherches historiques en classe et à partir des intérêts de celle-ci. Plus qu’auparavant les centres d’archives sont conscients de leur responsabilité de sauver les groupes marginaux de l’oubli. Par exemple, après des décennies de négligence, les archives particulièrement intéressantes de la prison de Saint-Gilles ont été transférées vers les Archives de l’État en 2010, où elles ont été inventoriées et ouvertes à la recherche. Quelles sont les autres initiatives existantes et quel éclairage apportent-elles ?

Table ronde

L’ABHC veut offrir un forum pour des débats de fond entre, non seulement les historiens belges ou historiens travaillant sur l’histoire belge moderne et contemporaine, mais aussi les enseignants, les archivistes, etc. La journée se conclut donc logiquement par une série de tables rondes autour de thèmes concrets qui influencent notre travail. L’accent substantiel mis sur la subalternité soulève également des questions professionnelles et éthiques autour des développements récents en matière d’internationalisation, de diversité, de pression de publication et de financement. Nous invitons tous les participants de la journée à prendre le temps de débattre.

Participer

Au cours de la journée, nous avons l’intention d’organiser des sessions parallèles thématiques au cours desquelles les intervenants discuteront des expériences de recherche, des défis et des perspectives liés à l’histoire des personnes invisibilisées en Belgique. Nous encourageons particulièrement les tables rondes et les ateliers. Une session dure 90 minutes et se compose de 3 à 4 présentations, suivies d’un débat avec le public. Les personnes intéressées par l’organisation d’une session thématique ou d’une table ronde sont invitées à envoyer une proposition (maximum 700 mots) à bvng@kuleuven.be. La date limite est fixée au lundi 8 janvier 2024.

Date et lieu de l’événement

Après Eupen il y a deux ans, la Journée de l’Histoire Contemporaine 2024 se déroulera à Bruxelles, le lundi 13 mai. Fidèle à son principe selon lequel la recherche historique dépasse les frontières communautaires de notre pays, l’association se réjouit d’être accueillie au cœur de la capitale par le musée BELvue, un projet de la Fondation Roi Baudouin.
La Journée a pour but de nous rencontrer et de nous rassembler autour de l’histoire contemporaine. Les frais d’inscription s’élèvent à 35 euros pour les membres de la Association Belge d’Histoire Contemporaine et à 55 euros pour les non-membres. Ces frais d’inscription comprennent le déjeuner, les boissons tout au long de la journée et une réception à l’issue de celle-ci.
Le Musée BELVue est accessibles aux personnes à besoins spécifiques. En cas de questions, vous pouvez nous contacter à l’adresse bvng@kuleuven.be ou sur notre page Facebook BVNG-ABHC.