Une plongée dans Bruxelles 14-18

Bruxelles vit une expérience unique durant la Grande Guerre. Si la capitale belge échappe aux combats, elle est la plus grande ville d'Europe à vivre la guerre sous occupation. C'est cette histoire oubliée que retrace le site www.brussels14-18.be/fr. Ce projet d'histoire publique a été réalisé par le Cegesoma, à l'initiative de la Région de Bruxelles-Capitale et de VisitBrussels. À travers les photographies d'époque, il propose une plongée dans l'histoire des populations civiles en 1914-1918.

Ce site internet retrace l'histoire de Bruxelles en guerre, depuis le discours pacifiste qu'y tient Jean Jaurès en juillet 1914 jusqu'à la mémoire populaire des Marolles cinq années plus tard (photo). Le point de vue adopté est celui des différentes populations qui se côtoient dans la capitale occupée: les Belges, les Allemands, mais aussi les réfugiés qui fuient les violences du front ou encore les déportés qui devront aller travailler en territoire ennemi à partir de 1917. L'histoire des quartiers ouvriers de Molenbeek y croise celle des zones rurales d'Uccle, rappelant que, en ce début de 20e siècle, Bruxelles est à la fois un centre urbain important et encore un bout de campagne.

En 1919, les habitants des Marolles rejouent les événements marquants de l’histoire de la capitale durant la Grande Guerre. Ils parodient notamment la justice qu’exerça l’occupant allemand en 1914-1918. (© Académie royale de Belgique)
En 1919, les habitants des Marolles rejouent les événements marquants de l'histoire de la capitale durant la Grande Guerre. Ils parodient notamment la justice qu'exerça l'occupant allemand en 1914-1918. (© Académie royale de Belgique)

 

L'occupation allemande bouleverse tous les pans de la vie quotidienne. L'espace public est transformé: le Palais royal devient un hôpital de fortune, le Palais de Justice un lieu de casernement, et le boulevard Lambermont un jardin potager. Si les tensions sociales se multiplient, la guerre donne également naissance à de nouvelles stratégies pour lutter contre la pauvreté, la faim et le chômage. Ce site montre que l'occupation n'est pas une expérience vécue passivement: elle donne naissance à une résistance patriotique, mais aussi à une collaboration avec l'ennemi. D'autres domaines, en apparence plus anodins, comme la philanthropie ou les loisirs, sont également investis par les Bruxellois en guerre. À cette lumière, on comprend que le conflit 14-18 n'est pas seulement une affaire de soldats. Les civils sont, eux aussi, en première ligne: Bruxelles est un laboratoire de la guerre totale qui caractérisera tout le 20 siècle.

 

Pour faire revivre cette histoire oubliée, un matériel exceptionnel a été exploité: les photographies de guerre. L'occupation est ici racontée à partir de l'image. Pour la première fois, des archives de familles deviennent accessibles à tous. Elles sont complétées par les clichés parus dans la presse en 1914-1918, ainsi que par les photographies conservées dans les centres d'archives belges (Archives de la Ville de Bruxelles, Musée de l'Armée, Archives du Palais royal, etc.) comme étrangers (Bibliothèque nationale de France, Nationaal Archief Nederland, Imperial War Museum).

 

Le site www.brussels14-18.be/fr est d'ores et déjà disponible en français et en néerlandais. Une version anglaise sera mise en ligne dans les jours prochains.

 

Bruno Benvindo

 

14 / 5 / 2014

 

 

 

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