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Des œuvres d’art volées par les nazis dans des musées belges ?

Une enquête plus approfondie s'avère nécessaire

 Le journal flamand De Standaard a signalé le week-end dernier la présence d'œuvres d'art dérobées par les nazis dans des musées belges. L'article et les réactions qui ont suivi font clairement apparaître que de nombreuses questions non résolues subsistent encore. Une recherche plus fouillée dans les archives s'impose.


Dans quelques musées belges de première importance seraient visibles des œuvres qui ne devraient pas s'y trouver. Il s'agit d'objets d'art et de tableaux confisqués par les nazis lors de l'occupation allemande et transportés outre-Rhin. À des fins soi-disant scientifiques, ou, pour le dire platement, alimenter le musée rêvé par Hitler ou la collection privée de Goering. Des collectionneurs juifs en auraient aussi été les victimes. La manière dont la restitution se serait déroulée dans les années d'après guerre, pose, selon certains, question.

Vue partielle de la collection d’oeuvres d'art d'Hermann Goering, dans sa résidence de Karinhaal. (Photo Cegesoma, n° 198.386)
Vue partielle de la collection d'oeuvres d'art d'Hermann Goering, dans sa résidence de Karinhaal. (Photo Cegesoma, n° 198.386)

 

Des historiens de l'art et des juristes pointent du doigt l'attitude passive des autorités belges et des institutions muséales qui détiennent dans leurs collections des objets d'art suspects. Ils n'auraient pas recherché assez activement leurs propriétaires légitimes. L'exemple mis en exergue est le don en 1988 de la collection Frans Heulens au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles. Heulens semble avoir été, sous l'Occupation, une figure clé du commerce des objets d'art avec les nazis.

 

Quelques politiciens et directions de musées ont, entre-temps, réagi. Le secrétaire d'État Philippe Courard, en charge des musées fédéraux, se penche sur la matière. Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux-Arts, réfléchit aux différentes manières de prendre davantage distance vis-à-vis de la collection Heulens, qui aujourd'hui occupe deux salles. Si l'on veut savoir ce qu'il en est réellement, une recherche interdisciplinaire approfondie dans les archives par des historiens, des historiens de l'art et des juristes est cependant nécessaire. Et pas seulement en Belgique, mais aussi (et surtout) en Allemagne, aux Pays-Bas et en France.

 

Articles de De Standaard :
25 janvier 2014
27 janvier 2014
28 janvier 2014

 


Karel Strobbe

 

31 / 1 / 2014

 

 

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